27 octobre 2007
Guiseppe Arcimboldo
Arcimboldo
Giuseppe Arcimboldo ou Arcimboldi ou Arcimboldus (Milan, 1527 - Milan, 1593), est un peintre maniériste, célèbre comme auteur de nombreux portraits suggérés par des fruits, des végétaux ou des animaux astucieusement disposés.
Biographie
Il est né à Milan en l'an 1527 et serait issu d’une famille patricienne.
maximilien II et sa famille
archiduchesse Margarehte soeur de l'archiduc
C’est à 22 ans qu’il commence à se faire connaître, en travaillant avec son père, artisan peintre à la cathédrale de Milan. Il réalise alors des cartons de vitraux. Rapidement, il se fait remarquer par Ferdinand de Bohème qui lui commande cinq blasons pour la cathédrale. Sa renommée commence à s’étendre. Il est appelé à Prague en 1562 au service de Ferdinand Ier du Saint-Empire pour être le portraitiste de la famille impériale .
maximilien II en vertemnus
C’est peu après son arrivée au service de Ferdinand Ier que Giuseppe Arcimboldo commence la première série des quatre saisons, et laisse éclater un style pictural surprenant : les « têtes composées » portraits caricaturaux (ghiribizzi) ou allégoriques formés d’une juxtaposition de fruits, légumes, végétaux, symbolisant les saisons ou les métiers. Cette œuvre suscite un engouement considérable à la cour. Il peindra d’autres séries des quatre saisons en 1572 et 1573 (une série des quatre saisons se trouve au Louvre, dont l'Automne daté de 1573, commandés par l'empereur Maximilien II de Habsbourg pour être offert à l'électeur Auguste de Saxe).
Le printemps
l'été
l'automne
l'hiver
D’autres portraits mêlent animaux ou objets : les quatre éléments (le Feu et l'Eau de 1566, se trouvent au Kunsthistorisches Museum de Vienne) ou les personnifications de métiers (le Bibliothécaire, le Jardinier).
le feu
l'eau
l'air
la terre
le bibliothécaire
le juriste
le cuisinier
peut ce regarder de deux façons
le jardinier
a regarder de deux façons
corbeille de fruit
En dehors de quelques portraits, il a alors pour tâche principale d’enrichir les fameux Wunderkamern, cabinets d’art et de curiosités des empereurs Maximilien II et Rodolphe II. Doué d’un esprit inventif et ingénieux, il se voit confier l’organisation des fêtes princières et il est nommé conseiller artistique pour la formation des collections impériales. À partir de 1565, son nom apparaît dans la comptabilité impériale. Il se distingue notamment par l’invention d’une méthode colorimétrique de transcription musicale.
En 1587, il obtient de Rodolphe II la faveur de retourner en Italie pour y finir ses jours, promettant de continuer à peindre. Flora sera l’un de ses derniers tableaux.
Flora
Retiré à Milan, il est promu au rang de comte palatin en 1591 et y meurt en 1593.
Le style de ses compositions
Si l'on considère Arcimboldo comme un novateur dans la systématisation de ses portraits, il faut se rappeler qu'à son époque il existe déjà une tradition, depuis l'antique, de masques bachiques ou hellénistiques, formés d'éléments pris dans la Nature.
Plusieurs des artistes de la Renaissance, dont Léonard de Vinci et Jérôme Bosch, s’étaient déjà intéressés aux faciès monstrueux, aux portraits déformés par des jeux de glace, ainsi qu’aux compositions à base d’éléments détournés. Les peintures d’Arcimboldo sont donc conformes aux penchants maniéristes.
Son chef-d’œuvre est manifestement son portrait de Rodolphe II en Vertumne (dieu grec des récoltes et de l'abondance) daté de 1591.
Si Arcimboldo n'a pas eu d’élève, il a inspiré de nombreux copistes en son temps et le genre des têtes composées se perpétue aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il est repris au XIXe siècle par les caricaturistes, notamment pour les figures de Napoléon Ier, de Napoléon III et des souverains belges, Léopold Ier et Léopold II.
Il est redécouvert au XXe siècle par les surréalistes adeptes du jeu de mots visuel.
En revanche, c’est à tort que l’on attribue à Arcimboldo des paysages anthropomorphes dont l’origine semble flamande.
les quatres saisons
autoportrait
18 octobre 2007
Heureuse de vous recevoir chez moi...
16 octobre 2007
François Schuiten
Schuiten, François
Dessinateur Coloriste
Né à Bruxelles le 13 avril 1956.
Issu d’une famille d’architectes, Schuiten publie sa première
bande dessinée dans l’édition belge de Pilote en 1973.
Il conçoit plusieurs ouvrages avec Claude Renard, dont il est
d’abord l’élève, puis l’assistant à l’atelier BD de l’institut Saint-Luc,
à Bruxelles. Sur un scénario de son frère Luc, il dessine la trilogie
des Terres creuses pour Les Humanoïdes associés. Retrouvant
Benoît Peeters, un ancien camarade d’école, il crée avec lui le
cycle des Cités obscures pour le mensuel (À suivre) en 1982.
Cette série se poursuit aujourd’hui encore et connaît des
développements sous forme d’expositions, de spectacles,
de produits multimédia. Schuiten collabore aussi, ponctuellement,
avec Alain Goffin, Anne Baltus et Raoul Servais. Au cours des
années quatre-vingt-dix, il multiplie les interventions en tant que
scénographe dans des stations de métro, pavillons d’exposition,
etc.


http://www.urbicande.be/
ne vous en privez pas c'est une petite merveille.
30 septembre 2007
Divine Vanéssa
Vanessa Chantal Paradis est une chanteuse et actrice de cinéma française, née le 22 décembre 1972 à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).
Très jeune, Vanessa Paradis est intéressée par la musique, elle prend des cours de piano et de danse. Sa passion lui permettra de faire sa première apparition à la télévision, le 3 mai 1980, dans l'émission L'école des fans animée par Jacques Martin. Elle y reprend le titre Émilie Jolie issu du conte musical éponyme de Philippe Chatel. En 1985, elle participe discrètement à une chanson nommée La magie des surprises-parties. Ce disque 45 tours est en réalité réalisé à la demande du groupe de variété-rock "Les Forbans", pour le compte d'AB Production.
http://www.youtube.com/watch?v=NxmtktGuTEg
Sa première apparition à lieu à l'école des Fans.
http://www.youtube.com/watch?v=p032PIKdp7A
Puis c'est Joe le taxi
La carrière de Vanessa Paradis débute deux années plus tard, en 1987 avec la chanson Joe le taxi d'Étienne Roda-Gil. Le titre est un immense succès et à 14 ans, Vanessa est en tête des hit-parades pendant quatorze semaines. Elle fait même de bons classements hors de France, numéro un dans 25 pays et un top 3 en angleterre ce qui n'était plus arrivé depuis "je t'aime moi non plus". La lolita devient très vite une star. Surfant sur ce succès phénoménal, on lui écrit et compose une deuxième chanson Manolo Manolete. Le résultat est mitigé : même si le titre se classe neuvième au hit-parade en 1988, le thème (la corrida) attire de nombreuses critiques, la chanteuse est sifflée. Afin de remonter la barre, Vanessa réalise un premier album intitulé M&J. Le titre Manolo Manolete n'y est même pas inclus. Elle en extrait plusieurs titres aux succès variables, Marylin et John qui fera un top 4, Maxou un top 13, Coupe coupe, top 25, et Mosquito, top 44.
http://www.youtube.com/watch?v=tj4GFgsxVlo
Tandem
En 1989, Vanessa joue le rôle de Mathilde adolescente murie trop vite dans le film Noce blanche de Jean-Claude Brisseau. Elle incarne une jeune fille ancienne droguée et prostituée qui vit une passion pour son professeur.
http://www.youtube.com/watch?v=_ZopXqnOlYw
Le tourbillon de la vie
L'année 1990 est une charnière pour Vanessa Paradis. Elle récolte en effet les fruits de sa première apparition au cinéma : le César du meilleur espoir féminin (créé la même année) et le Prix Romy Schneider. Elle rencontre aussi Serge Gainsbourg qui compose un album pour elle, intitulé Variations sur le même t'aime, qui rencontre un grand succès. Les chansons Tandem et Dis-lui toi que je t'aime en sont extraites. Cette année verra sa consécration aux Victoires de la Musique pour le prix de l'interprète féminine de l'année pour un album sorti deux ans auparavant M&J.
Malgré ce début de carrière exceptionnel, certaines confessions de la chanteuse indiquent qu'elle a mal vécu ces premières années, parlant même parfois « d'enfer ». Ceci vise plus particulièrement le tournage de Noce blanche où sa relation avec le réalisateur Jean-Claude Brisseau fut exécrable. Ces déclarations ne manquent pas d'alimenter les débats fréquents sur les enfants stars.
Ses nombreuses récompenses et sa collaboration avec Serge Gainsbourg ont donné à Vanessa la crédibilité qui lui manquait. La lolita devient alors une femme et une artiste à part entière. En 1991, elle est d'ailleurs choisie comme égérie par la maison Chanel. La publicité pour le parfum Coco fait le tour du monde et consolide la carrière de l'actrice.
http://www.youtube.com/watch?v
Beautiful Mindningth
En 1992, pour son troisième album, Vanessa Paradis s'envole pour les États-Unis où elle collabore avec Lenny Kravitz. Ce dernier lui compose un album intitulé Vanessa Paradis (tout simplement). Pour la première fois, l'artiste chante en anglais et cela lui réussit, elle se classe première des ventes. Suite à cette réussite, en avril 1993, Vanessa effectue sa première tournée en France et à l'étranger. Une soixantaine de dates dont dix à l'Olympia. En 1994, l'album Vanessa Paradis Live résume la tournée.
En 1994, Vanessa joue dans le film Élisa aux côtés de Gérard Depardieu. Dans le film, elle incarne une jeune fille à la recherche de son père. Derrière l'histoire, le film rend aussi un vibrant hommage à Serge Gainsbourg décédé trois ans plus tôt, qui était un peu un père artistique pour Vanessa tant sa collaboration au deuxième album fut importante dans la carrière de Vanessa Paradis. L'une des scènes représente d'ailleurs un tête à tête musical entre Vanessa et le fumeur de gitane, interprété par Philippe Léotard. Le thème musical du film est la chanson Élisa de Gainsbourg.
En 1997 et 1998, Vanessa persiste dans le cinéma, mais s'attaque désormais à la comédie. Elle participe à deux films Un amour de sorcière (1997, de René Manzor et avec Jeanne Moreau) et Une chance sur deux (1998, de Patrice Leconte avec Alain Delon et Jean-Paul Belmondo) . Les deux films sont des échecs. Cependant, Patrice Leconte continue sa collaboration avec Vanessa Paradis. Il tourne La fille sur le pont en 1998. L'affiche est tenue par Vanessa et Daniel Auteuil. Ce retour au drame réussit à Vanessa qui est nominée pour le César de la meilleure actrice
De 1993 à 1999, Vanessa Paradis a participé à tous les spectacles annuels des Enfoirés au profit des Restos du Cœur.
En 2000, elle sort un nouvel album intitulé Bliss. Le titre Commando en est extrait. L'artiste en vend 300 000 exemplaires. L'album est suivi d'une tournée passant par les FrancoFolies de Montréal. Un album live intitulé Vanessa Paradis au Zenith la résume.
En 2004, Vanessa revient dans le film déjanté Atomik Circus, le retour de James Bataille des frères Poiraud, aux côtés de Benoît Poelvoorde. Elle contribue à la bande originale aux cotés du groupe The Little Rabbits. En 2005, elle participe au premier film de Serge Frydman, le scénariste de La fille sur le pont, qui s'intitule Mon ange, et elle prête sa voix à Margote dans le film d'animation Pollux, le manège enchanté.
Elle prépare actuellement un nouvel album qu'elle produit et coréalise avec M (Matthieu Chedid), avec des titres également écrits par Brigitte Fontaine, Franck Monnet et Thomas Fersen.
Le premier extrait de ce nouvel album est "Divine Idylle".
Après une histoire avec le chanteur Florent Pagny, Vanessa Paradis est sortie avec Lenny Kravitz, qui l'avait aidée à réaliser son troisième album.
Depuis 1998, elle vit avec l'acteur américain Johnny Depp. Ils ont eu deux enfants : Lily-Rose Melody, née le 27 mai 1999, et Jack John Christopher III, né le 9 avril 2002. Très proches l'un de l'autre, ils sont aussi très protecteurs de leur vie privée. Ils partagent leurs vies entre la France et les États-Unis. L'album Bliss était dédié à Johnny Depp et à leur fille Lily-Rose.
Vanessa est la sœur de l'actrice française Alysson Paradis et la nièce de l'acteur et producteur Didier Pain.
Films
acteurs et actrices
* 1988 : Noce blanche de Jean-Claude Brisseau, avec Bruno Cremer.
* 1995 : Élisa de Jean Becker, avec Gérard Depardieu, Clotilde Courau et Philippe Léotard.
* 1997 : Un amour de sorcière de René Manzor, avec Jean Reno et Jeanne Moreau.
* 1998 : 1 chance sur 2 de Patrice Leconte, avec Alain Delon et Jean-Paul Belmondo.
* 1999 : La fille sur le pont de Patrice Leconte, avec Daniel Auteuil.
* 2004 : Atomik Circus, le retour de James Bataille de Didier et Thierry Poiraud, avec Benoît Poelvoorde.
* 2005 : Mon ange de Serge Frydman.
* 2005 : Pollux, le manège enchanté (Voix) de Jean Duval.
* 2007 : La clef de Guillaume Nicloux.
Albums
* 1988 : M&J avec Étienne Roda-Gil et Franck Langolff. Extraits: Joe le taxi, Marylin et John, Maxou, Coupe Coupe, Mosquito.
* 1990 : Variations sur le même t'aime avec Serge Gainsbourg. Extraits : Tandem, Dis-lui toi que je t'aime, L'amour en soi.
* 1992 : Vanessa Paradis avec Lenny Kravitz. Extraits : Be My Baby, Sunday mondays, Just as long as you are there, Natural high.
* 1994 : Vanessa Paradis Live. Extraits : Les cactus, Gotta have it.
* 2000 : Bliss avec Matthieu Chedid, Alain Bashung & Franck Monnet. Extraits : Commando, Pourtant, Que Fait La Vie.
* 2001 : Vanessa Paradis au Zénith. Extraits : L'eau à la bouche, Walk on the wild side.
* 2007 : Divinidylle avec Matthieu Chedid, Brigitte Fontaine, Franck Monnet et Thomas Fersen. Premier extrait : Divine Idylle. Sortie le 03.09.2007.
avec j deep love story http://www.youtube.com/watch?v=p1Fw17hryws
Love story
En sept ans, Vanessa Paradis a joué dans trois films et eu deux enfants avec son compagnon, Johnny Depp, sociétaire du club des "acteurs les mieux payés d'Hollywood". Née en 1999, Lily Rose Melody, qui babillait avec papa sur Bliss (2000), a gagné un petit frère, Jack, qui traverse en courant Divinidylle, paru le 3 septembre.
On la voit grandir, comme une Princesse qui nous semble familière. Elle débite les mots et ouvre les vannes quand il le faut; Elle a le regard des tragédiennes déterminées et le rythme des phrasés pour la comédie. Bref sous employée, insolite, la Vanessa a une filmographie plus culte que populaire. Mais dieu qu'elle nous plaît... lien vers l'album
28 septembre 2007
Christian Lacroix
Saga
Christian Lacroix, 20 ans d'émerveillement
Christian Lacroix fête cette année les 20 ans de sa maison. Retour sur le passé du couturier, ses sources d'inspiration et l'histoire de ses créations... Tout ce qui fait aujourd'hui le style Lacroix : fantaisiste, baroque, coloré, spectaculaire.
"La couture, c'est une création libre, rêvée, 'impressionniste' pour une femme en mouvement, une femme qui incarne le thème de la saison ou du moment, prise dans une ébauche d'histoire." C'est ainsi que Christian Lacroix définit son travail. 20 ans après ses débuts dans la mode, saison après saison, l'inspiration est toujours présente chez ce créateur mû par une grande capacité d'émerveillement.
Une vie dédiée à la création
Christian Lacroix a fêté ses 56 ans le 16 mai 2007 .
Né à Arles le 16 mai 1951, Christian Lacroix passe son enfance entre les plages de Camargue et les pinèdes des Alpilles, les ruines gallo-romaines et celles des bombardements de 1944. Son adolescence voit naître une passion pour l'Angleterre d'Oscar Wilde et des Beatles, Barcelone et Venise. Il étudie alors l'histoire de l'Art à la faculté des Lettres de Montpellier puis à Paris en 1973 à la Sorbonne et à l'Ecole du Louvre, se destinant alors à être conservateur de Musée.
Mais quelques rencontres déterminantes lui font prendre un autre chemin : Françoise, qui va devenir sa femme, lui fait découvrir Paris et l'encourage à dessiner. Jean-Jacques Picart, attaché de presse et conseiller pour divers créateurs et maisons de luxe, le fait entrer chez Hermès en 1978, puis chez Guy Paulin en 1980. En 1981, il intègre la Maison Jean Patou, où il relève le défi de la Haute Couture, que l'on disait moribonde. Il parvient à lui redonner, saison après saison, les couleurs, l'extravagance et la luxuriance qui seront celles des années 1980. Ce travail est consacré en 1986 par un premier Dé d'Or de la haute couture remis par des professionnels de la mode, puis par le prix du créateur étranger le plus influent, décerné par le CFDA à New York en janvier 1987.
En 1987, Christian Lacroix rencontre Bernard Arnault et fonde la maison de couture qui portera son nom dans l'hôtel particulier du 73 rue du Faubourg Saint Honoré. La première collection, en juillet 1987, oppose une grande excentricité au minimalisme alors en vigueur. La seconde collection, en janvier 1988, obtiendra un Dé d'Or. En Octobre 2002, à l'occasion de la présentation des collections printemps-été 2003 et des 15 ans de la maison de Couture, Christian Lacroix reçoit l'insigne de Chevalier de la Légion d'Honneur.
Des inspirations aux accents de sud, entre passé et présent, ivresse et pureté
Bigarrées, colorées, froufroutantes, bouillonnantes... 20 ans après, les collections haute couture de Christian Lacroix sont toujours aussi spectaculaires. "J'oscillerai toujours entre la pureté des structures et l'ivresse des ornements, explique le créateur sur son site internet. Car la couture, c'est les deux en même temps. Je sais que j'aurai toujours horreur du vide et que je le remplirai de fleurs, de peinture, ou d'autres choses."
Dans toutes les créations de Christian Lacroix, on retrouve le petit garçon qui a grandi à Arles, bercé par la tauromachie et les festivals de théâtre ou d'opéra, les traditions provençales et celles des gitans. Mais ses vêtements se teintent aussi du Londres des années 1960-1970, dont il garde un souvenir ému. "Je sais que je serai toujours le Méditerranéen des paseos, des Lices et des processions mêlant parure et allure, gitanes du Gange et bohémiennes de Kensington, résume-t-il. Je sais que j'aimerai toujours le snobisme, le vrai, quand il signifie l'assertion d'une différence, qu'il s'agisse d'élégance ou de l'humble paillette des forains."
Nouvelles lignes, nouveaux horizons
Christian Lacroix lance sa collection "Bazar" en 1994, complémentaire des autres lignes mais zappant plus que jamais avec les folklores et les époques. "C'est une collection qui ose tous les jeux de proportions, de longueurs, d'univers visuels, de matières… La maille y est importante, très ouvragée ; les motifs décoratifs multi-culturels s'accordent entre eux, les formes sont celles du quotidien des villes."
Tout aussi urbaine, la ligne "Jeans" voit le jour en 1996, faisant de Lacroix le premier créateur à s'intéresser vraiment à cette matière. "Nouvel uniforme universel, le jean permet quand même de laisser filer l'imaginaire et je m'amuse beaucoup à le détourner en le brodant, le teignant, appliquant de la dentelle... tout en lui laissant son subtil esprit naturel et chic."
Un goût immodéré pour les robes de mariée
Clou du défilé, la robe de mariée est chère à Christian Lacroix : "Depuis ma première collection, je crée toujours des mariées qui oscillent entre image pieuse, Macarena de Séville et princesses des Mille et Une Nuits ! J'ai même repris des traditions du XIXème siècle qui voulaient des mariées de rouge ou de noir vêtues."
"La robe de mariée dans tous les cas doit être exceptionnelle pour un jour exceptionnel. J'aime qu'elle ait plusieurs vies, classiquement grandiose pour la cérémonie religieuse, libérée de la traîne ou de la jupe pour danser. De l'Arlésienne à la bergère de conte de fée, faille, piqué, taffetas, tulle, broderies, dentelles, le répertoire est inépuisable et je ne compte pas l'épuiser," poursuit le créateur sur son site.
Des projets en pagaille
Couturier, Christian Lacroix est surtout un créateur au sens large et sait imposer son univers à toute sorte d'objets. En dehors de ses activités de mode, il a réalisé de très nombreux costumes pour le théâtre et l'opéra. On en retiendra notamment les deux Molière du meilleur créateur de costume obtenus en 1996 et en 2006 pour "Phèdre" et "Cyrano de Bergerac" à la Comédie Française. Relooking des uniformes des hôtesses d'Air France en 2003, des TGV en 2004 et même du dictionnaire Larousse en 2005 : Christian Lacroix est intarissable. Et en cette année d'anniversaire, il compte bien poursuivre sa boulimie créatrice...
Outre ses quatre collections haute couture et prêt-à-porter, Christian a redessiné l'intérieur du TGV Est, est au centre d'une rétrospective au Centre national du costume de scène à Moulins en juin, ouvrira un deuxième hôtel parisien à son image en juillet et donnera son nom à une ligne de déco pour La Redoute l'hiver prochain... Mais le créateur sera surtout fêté lors d'une grande exposition en son honneur au musée des Arts Décoratifs, à Paris, en novembre 2007. Là, Christian Lacroix pourra réaliser son rêve d'enfant : revisiter à sa manière les réserves du grand musée de la Mode
http://www.christian-lacroix.com/ un site superbe sur lequel vous découvrez toutes les tendances qu'il a mise en oeuvres.
La mode, mais aussi les costumes de théatre.
21 septembre 2007
Giovanni Battista Piranesi
Giovanni Battista Piranesi
Autoportrait:
Giovanni Battista Piranesi, dit Le Piranèse, né à Mogliano Veneto, près de Trévise, appartenant alors à la République de Venise, le 10 avril 1720, baptisé le 8 novembre en l'église Saint Moïse, et mort à Rome le 9 novembre 1778, est un graveur et architecte italien.
Ses planches gravées, signe d'une intonation dramatique, apparaissent caractérisées par une idée de dignité et de magnificence totalement romaine, surtout à travers la grandeur et l'isolement des éléments architecturaux, de façon à parvenir à sublimer l'antiquité.
Il est le fils d’Angelo, tailleur de pierre, et de Laura Lucchesi. Un frère, Angelo, l'initia au latin ainsi qu'aux bases de la littérature antique. Ce qui est intéressant avec Giobanni Battista Piranesi c'est qu'il utilisait une règle pour faire toute ces pyrogravures.
En 1735, il commence des études d’architecture chez son oncle Matteo Lucchesi (ingénieur) et Giovanni Antonio Scalfarotto (peintre) et ensuite une formation de gravure à Venise chez Carlo Zucchi.
En 1740, il part pour Rome avec la suite de l’ambassadeur de Venise : Francesco Venier. Il apprend la gravure avec Fellice Polanzoni, mais surtout auprès de Giuseppe Vasi. Celui-ci lui apprend le procédé de l’eau-forte. Il apprend également la réalisation de décors de théâtre chez les frères Valeriani. Il commence aussi à cette période sa première série de planches.
En 1743, parution d'une première série de planches Première partie d'architecture et perspective. Il effectue cette même année un court voyage à Naples.
En 1744, publication de La Villa Royale Ambrosienne publiée par G.Allegrini à la suite de Vues des Villas et d'autres lieux de la Toscane. Retour à Venise de mai à septembre. Ensuite, il travaille à Rome avec Carlo Nolli sur le Plan du Tibre. Parution des Diverses vues de Rome anciennes et modernes.
En 1745, retour à Venise où il commence à travailler sur les Carceri (les Prisons imaginaires). Ce sont seize univers créés lors d'un excès de fièvre. Étalage d'architecture et d'outils de constructions détournés en engins de torture, les mondes de Piranèse laissent des sensations partagées entre l'horreur et la curiosité. Le vertige, l'absence de repères connus, le côté labyrinthique en trois dimensions, rappellent à la notion d'infini, aussi traumatisante que le rapport avec l'extérieur pour celui qui est incarcéré.
En 1747, retour à Rome, via del Corso, face au siège de l'Académie de France (Palais Mancini). Il entreprend Les Vues de Rome, série qui aura une grande influence sur les architectes, peintres, sculpteurs et graveurs français de l'époque. Elle devient, pour eux, un véritable répertoire de formes. Piranèse fait une retranscription de l'Antiquité transmué par son imagination. Il utilise des cadrages particuliers, gros travail de mise en scène, et des contrastes violents d'ombres et de lumières. Il entreprendra aussi Les Antiquités Romaines au temps de la République.
En 1748, après un bref retour à Venise, il installe un atelier à Rome. Il publie Les Antiquités romaines au temps de la République et des premiers empereurs. Il travaille avec G.B. Nolli au Nouveau plan de Rome.
En 1749, première version des Carceri en quatorze planches (sans les numéros II et V).
En 1750, publication des Œuvres diverses d'architecture, perspective et grotesque chez Giovanni Bouchard.
En 1751, publication de la série La Magnificence de Rome.
En 1752, il épouse Angela Pasquini et publie la Récolte de diverses vues de Rome.
En 1753, publication de "Trophée de Auguste Ottaviano".
En 1756, publication du premier des quatre volumes d'Antiquités Romaines. Il devient membre honoraire de « La Société des Antiquaires de Londres ». Publication des Lettres de justification.
En 1758, naissance de son fils Francesco.
En 1761, il s'installe à l'hôtel Tomati et publie les Carceri et La magnificence de l'architecture romaine. Il est nommé Académicien de Saint-Luc.
En 1762, publication de Lapides capitolini, il campo Marzio, ainsi que Description et dessin de l'émissaire du Lac d'Albano.
En 1764, publication de l'Antiquité d'Albano et du Castel Gandolfo du Pont Blackfriars, Le travail d'architecture et Récolte de quelques projets de Guernico puis les Antiquités de Cora. Il restaure, sur l’Aventin, l’église du prieuré de Malte, un de ses rares travaux d'architecte.
En 1765, publication sur les Observations sur la lettre de M. Mariette. La série Les Antiquités romaines au temps de la République est rééditée sous le titre Quelques vues d'Arc triomphal.
En 1766, il achève les travaux de restauration de l’église du prieuré de Malte.
15 septembre 2007
Gustave Klimt

Gustav Klimt est né le 14 juillet 1862 à Baumgarten dans la banlieue
de Vienne en Autriche. Il est le second d'une famille de sept enfants,
dont le père Ernest Klimt exerce le modeste métier d'orfèvre ciseleur,
et dont la mère Anna Finster est chanteuse lyrique. Gustav Klimt démontre
son réel goût pour les arts et pour la décoration, et entre dès 1876 à
l'Ecole des Arts Décoratifs de Vienne où il suit les cours de peinture
du professeur Laufberger.
1880, il crée un atelier de décoration avec son frère Ernst et un ami
Frantz Matsch. Son habileté et la finesse de ses travaux sont rapidement
reconnus et il se voit confier de nombreuses décoration de murs et de
plafonds de villas, mais aussi de théâtres et édifices publics. C'est ainsi
qu'il décore la salle de réunion du Palais Sturany à Vienne, puis une salle
du Château Royal de Palesch en Roumanie, ainsi que la Villa Hermès
de Lainz ou encore les escaliers du Burgtheatrer de Vienne.
L'évènement le plus important dans ces années là est l'achèvement de la
décoration de l'escalier du Kunshistorisches Museum qu'il mène à bien,
malgré le décés du maître d'oeuvre de ce travail conduit par le peintre Hans Mackart,
lequel travail consolide encore sa réputation.
Ainsi jusqu'en 1890, Gustav Klimt aura eu un début de carrière fait d'une solide
réputation de peintre décorateur répondant à des demandes officielles de peintures
architecturales, mais sans réelle originalité, car éloignée au fond de lui de ses
goûts personnels pour un art moderne dans lequel il a envie de s'exprimer totalement.
Il prend pour compagne Emilie Flöge qui tient une maison de couture,
et se rapproche en ces débuts des années 1890 des écrivains Arthur Schniltzer,
Hofmaansthal et Hermann Bahr tout en s'interessant au symbolisme et à
l'impressionnisme français. En 1895, lors d'une exposition à Vienne,
il découvre les oeuvres de Liebermann, de Félicien Rops, mais aussi de Klinger,
Böcklin et Rodin. 
Avec certains de ses amis dont Moser, Joseph M.Olbrich et Carl Moll, il crée en
1897 un journal intitulé "Ver Sacrum" (Printemps Sacré), avec l'ambition de créer
un édifice consacré aux arts. Il participe la même année à la fondation de l'Union
des Artistes Figuratifs, appelée aussi la " Sécession", avec dix neufs autres artistes
de la Küntlerhaus de Vienne. Il devient le président de cette association, dont
l'objectif est de réformer la vie artistique de l'époque et de réaliser des oeuvres
d'art qui élèvent " l'art autrichien à une reconnaissance internationale à
il aspire". Il s'agit aussi pour ces artistes de combler le fossé existant entre l'art
et les arts dits mineurs, de rapprocher les objets utilitaires et les objets d'arts, de
transformer le monde au moyen des arts. Les arts doivent éveiller les consciences
et s'éloigner de toute compromission avec l'art et l'académisme établis.
Cette fondation est en quelque sorte la réponse au mouvement "Art Nouveau "
en France et au "Jugendstil" qui se développe en Allemagne. Le magazine
"Ver Sacrum" devient le moyen d'expression de la "Sécession", et le porte parole
de cette volonté de changer le monde, tandis que Joseph M. Olbrich parvient à
réaliser cet édifice dédié aux arts et souhaité par Klimt, pour donner aux jeunes
artistes figuratifs un lieu permanent d'exposition pour leurs oeuvres.
Il peint en 1898 le célèbre tableau "Pallas Athénée" qui marque en quelque sorte
cette émancipation de Gustav Klimt par rapport à l'art officiel.
Sous un mode ironique, il détourne la représentation traditionnelle du sujet en
montrant sous le visage de la déesse aux traits d'une femme fatale, une gorgone
qui tire la langue.Cette toile fût l'objet de l'affiche de la première exposition de la
"Sécession" en 1898.
Au cours de l'année 1900, lors de la septieme exposition de la "Sécession",
Klimt présente sa toile intitulée " La Philosophie", qui est la première des
toiles préparatoires avec "La Médecine " et "La Jurisprudence " qui lui avaient
été commandées en 1896 pour illustrer les voûtes du plafond de l'Aula
le hall d'accueil de l'Université de Vienne. Il choisit de représenter la philosophie
sous la forme d'une sphinge aux contours flous, la tête perdue dans les étoiles,
tandis qu'autour d'elle se déroule tous les cycles de la vie, de la naissance à la vieillesse,
en passant par les étreintes de l'amour. A gauche, à l'avant plan, la "connaissance"
revêt les traits d'une femme fatale fixant de ses yeux froids et sombres le spectateur.
Cette toile fait l'objet d'une critique sévère des autorités universitaires qui s'attendaient
à une représentation classique du sujet et qui considèrent alors cette allégorie comme
une provocation au libertinage et une atteinte aux bonnes moeurs. La critique violente
de la presse accuse Klimt d'outrager l'enseignement et de vouloir pervertir la jeunesse
. On lui reproche ses peintures trop érotiques, et on s'interroge sur sa santé mentale et
sur ses crises de dépression. " Il est trapu, écrit-on,un peu lourd, athlétique... pour
allonger son visage sans doute, il porte les cheveux en arrière et rejetés très haut au
dessus des tempes. C'est le seul signe qui pourrait faire penser que cet homme
est un artiste"
Les compositions qui suivent, "La Médecine" et "La Jurisprudence" déchaînent et
amplifient les critiques. La médecine est représentéee par une femme qui 'offre son
corps, au côté des représentations de la souffrance et de la mort. La jurisprudence
quant à elle est représentée par un criminel en proie à ses instincts, tandis que la
justice reste figée et impassible enchassée dans une mosaïque d'inspiration byzantine.
Klimt doit renoncer à voir ses peintures décorer l'Aula Magna, sans pourtant renoncer
à son invention esthétique.
Lors de la quatorzième exposition de la "Sécession " en 1902, consacrée à la
musique de Beethoven, Klimt présente une fresque en sept panneaux représentant
la Neuvième Symphonie, destinée à illustrer un décor pour l'architecte Josef Hoffmann
chargé de réaliser un monument en mémoire du musicien. Cette oeuvre d'art est
encouragée par Gustav Mahler lui même, qui représente une aspiration au bonheur
de la part de l'humanité souffrant en cherchant son apaisement dans les arts. Cette
oeuvre et une nouvelle fois l'objet de critiques violentes au nom de la morale.
Ces années 1902-1903 constituent un tournant dans l'oeuvre de Klimt,
et une période d'intense créativité . Il entame la réalisation de son "Cycle d'Or"
avec les "Serpents d'Eau", le "Portrait d'Adèle Bloch-Bauer", et "Danaé".
En 1904, un riche banquier Belge Adolphe Stoclet lui commande la réalisation des
mosaïques murales de la salle à manger d'un luxueux palais qu'il construit à Bruxelles
sur les plans de l'architecte Hoffmann.
La richesse décorative de Gustav Klimt éclate dans "L'Attente "et dans
" L'Accomplissement " qu'il réalise pour Adolphe Stoclet.

Le tableau "Le Baiser" qui est le tableau le plus représentatif du génie de Gustav Klimt
et qu'il peint en 1905 sera reproduit dans le thème de "L'Accomplissement"
pour la fresque d'Adolphe Stoclet.
A partir de 1908, il quitte avec plusieurs de ses amis la "Sécession" qui selon lui
tend à se scléroser, et il se consacre à la peinture de paysages ou de scènes
allégoriques très ornementées, de plus en plus stylisées et aux couleurs vives qui
le rapproche du pointillisme de Seurat, mais aussi de Van Gogh et de Bonnard.
Mais il s'interesse aussi davantage à la peinture intimiste et aux portraits.
Il réalise des portraits de femmes de grandes dimensions avec des compositions
richement décorées pour flatter une clientèle riche et bourgeoise qui lui fait des
commandes, et il réalise aussi de nombreux scènes de femmes nues ou aux poses
langoureuses et érotiques, en tenues extravagantes dans des compositions
asymétriques, sans relief et sans perspective, riches d'une ornementation chatoyante,
envahissante et sensuelle.
En 1910, Klimt participe à la Biennale de Venise où il retrouve le succès et la notoriété
d'avant l'Aula Magna. Il reprend le titre qu'on lui avait attribué de "décorateur fin de
siècle", de peintre de l'intelligentsia autrichienne, et d'inventeur de l'art décoratif
Il meurt en 1918 d'une attaque d'apoplexie en laissant inachevées de nombreuses toiles.
Peintre dénigré pendant plus d'une dizaine d'années de sa vie, l'oeuvre de Klimt aura
été en permanence l'expression d'une référence à l'histoire de la peinture, à Moreau,
Klinger, Hodler, Böcklin, Monet, Seurat, Matisse, ou Rodin, dans ses
extrêmement personnelles et originales faites de théatralité, d'antinomies,
d'hétérogénéité, tant du point de vue pictural et décoratif, que du point de vue des
couleurs. Son oeuvre faite d'oppositions entre la figuration et l'abstraction,
entre allégories et paysages, entre, stylisation et naturalisme, entre hédonisme et
scepticisme, entre impressionisme et symbolisme, lui confère une place très
dans l' histoire de l'art. Il semble avoir été le génial et prémonitoire précurseur de la crise
générale des principes, des valeurs, des idées et du langage artistique qui fût
caractéristique du XXème siècle.


Biographie de Gustav Klimt
Formé à l'Ecole des arts appliqués,
Gustav Klimt travaille un temps comme
décorateur avec ses deux frères. Mais
son style se libère progressivement des
règles académiques et, inspiré des Arts
de Ravenne, des estampes japonaises et
du symbolisme, Klimt devient chef de file
de la 'Sécession viennoise'. Ses cycles
décoratifs - 'Le Baiser', 'Frise Beethoven'... -
et ses peintures, portraits ou paysages,
marquent par leur contraste entre de riches
fonds ornementaux et la précision des figures.
On retient du peintre ses figures féminines
comme sorties de songes ambigus.
Si certaines de ses oeuvres ont pu choquer
par leur connotation érotique et morbide,
comme par exemple 'L'Espoir', d'autres ont,
par leur exubérance décorative, fait de Gustav Klimt
la figure du renouveau de l'art monumental.

‘KLIMT’ DE RAOUL RUIZ EN DVD
Fantaisie viennoise
“Ce n’est pas un portrait, c’est une allégorie.”
Avec son dernier long métrage ‘Klimt’,
le réalisateur chilien Raoul Ruiz nous invite à
un voyage au coeur du psychisme du
célèbre et controversé des peintres viennois,
entre réalité et fantasmagorie.
08 septembre 2007
Dali
La région de son enfance, la Catalogne, aura toujours une place privilégiée dans son œuvre comme dans sa vie. Son père Don Salvador Dali y Cusi était un homme autoritaire et aurait été responsable de la mort du frère ainé de Dalí appelé Salvador, né le 11 mai 1901 et décédé deux années plus tard.
À sept ans, il peint son premier tableau et veut être Napoléon. En 1922, après un bac obtenu facilement, Dalí entre à l'École des Beaux-Arts de San Fernando, à Madrid. Il se lie d'amitié avec Federico García Lorca et Luis Buñuel mais l'enseignement le déçoit et il se fait expulser pour avoir incité les étudiants à manifester contre l'incompétence d'un nouveau professeur.
Salvador Dalí et Man Ray à Paris en 1934, photo par Carl Van Vechten, photographe américainEn 1926, il fait un premier voyage à Paris et y rencontre Pablo Picasso. Trois ans plus tard, il retourne dans la capitale française, en compagnie de Buñuel, pour le tournage d'Un chien andalou. C'est la rencontre décisive avec les surréalistes : Tristan Tzara, Louis Aragon, André Breton, Paul Éluard... et sa femme, Gala. L'apparition de celle-ci est une révélation : il l'a rêvée et peinte avant de la connaître ; ils ne se quitteront plus.
En 1932, Dalí participe à la première exposition surréaliste aux États-Unis et obtient un succès triomphal. Il accumule les idées et Gala essaie de vendre ses inventions souvent jugées trop folles. C'est le début de la méthode paranoïaque-critique qui veut crétiniser le monde, comme Alfred Jarry voulait le décerveler. Aux récits de rêves et à l'écriture automatique des surréalistes, Dalí ajoute l'objet irrationnel à fonctionnement symbolique. Cependant, à l'issue d'une réunion mémorable, il se fait exclure du mouvement par André Breton qui lui reproche ses actes contre-révolutionnaires. De 1939 à 1948, il s'exile à New York et ses toiles témoignent de ses découvertes du nouveau continent (Poésie d'Amérique, par exemple).
Monumental "Profile Of Time" exposed at Singapore - County Hall Gallery - Espace Dalí« Pour pénétrer dans la réalité, j'ai l'intuition géniale que je dispose d'une arme extraordinaire : le mysticisme, c'est-à-dire l'intuition profonde de ce qui est, la communication immédiate avec le tout, la vision absolue par la grâce de la vérité, par la grâce divine. »
Cette profession de mysticisme, Dalí va l'appliquer jusqu'à la fin de sa vie aux œuvres qu'il lui reste à créer. Le gigantisme atteint ses dernières toiles, grouillantes de personnages dionysiaques, où il réunit toutes les tendances en -isme : pointillisme, surréalisme, tachisme...
Dalí s'intéressa aussi à bien d'autres arts, et fut en particulier fasciné par le cinéma, la photographie, la mode ou la publicité. En outre, il était passionné par les sciences, notamment par la théorie de la relativité d'Albert Einstein qu'il a représentée à sa façon dans les célèbres « montres molles » de son tableau Persistance de la mémoire.
Selon le couple Lacroix, en 1980, Salvador Dalí aurait semble-t-il été victime d'une dépression nerveuse et ses proches vont commencer à régenter les visites que le maître reçoit.
Gala meurt en 1982 ; la même année, Dalí est fait marquis de Pubol où il vit dans le château qu'il a offert à sa femme. En mai 1983, il peint son dernier tableau, La queue d'aronde. En 1984, il est très gravement brûlé lors de l'incendie de sa chambre, au château de Pubol. Il meurt le 23 janvier 1989 d'une défaillance cardiaque. Conformément à sa volonté, il se fera embaumer puis exposer dans son "Teatre-Museu", où il repose désormais. Une simple pierre indique le lieu de sa sépulture. Par testament, il légue l'ensemble de ses biens et de son œuvre à l'État espagnol.
Son œuvre
Dalí et le monde de la publicité
Dalí n'a pas hésité à s'immerger dans la culture populaire à travers la publicité, pour laquelle il a créé des couvertures de magazines américains comme The American Weekly, Vogue, Town & Country, des pochettes de disques, et a travaillé pour les collants Bryans Hosiery, la bouteille Perrier, pour Alka Seltzer, pour Datsun, et surtout il a joué dans l'inoubliable spot à l'humour décalé « Je suis fou ! du chocolat Lanvin».
Dans l'autre sens, il a utilisé la publicité dans ses œuvres, tout en y intégrant des clins d'œil à la psychanalyse, ou aux travaux sur la relativité, par exemple : Projet interprétatif pour un bureau étable, bébé Pervers polymorphe de Freud, Appareil et la main, La Madone de Raphaël à la vitesse maximum. Il a aussi utilisé et détourné les techniques manipulatoires de la publicité pour réaliser son autopromotion dans le journal satirique Dalí News.
Dalí et le monde du cinéma
Gala à la fenêtre, sculpture à MarbellaDalí a aussi participé à la réalisation de plusieurs films :
en complicité avec Luis Buñuel, il a ouvert la voie au cinéma surréaliste avec deux films emblématiques : Un chien andalou en 1929 et L'Âge d'or en 1930 ;
en 1945, pour le film d'Alfred Hitchcock, La Maison du docteur Edwardes, il réalisa le décor de la scène du rêve (spellbound).
Dalí a fait 2 films :
aucours des années 50, réalisé par Robert Descharnes L'aventure prodigieuse de la Dentelliere et du Rhinocéros, association d'images et objets par la courbe logarithmique et le nombre d'or.
en 1979, réalisé par José Montes Baquer Voyage en Haute Mongolie
Le Septième Art et Hollywood l'ont aussi inspiré :
dans le tableau Shirley Temple, le monstre le plus jeune, le plus sacré du cinéma de son temps (1939), en sirène dévorant ses victimes ;
Les éléments du visage de Mae West, utilisés pour la décoration d'un appartement cosy où l'on remarque le Mae West Lips Sofa, sofa rouge inspiré des lèvres de l'artiste ;
En 1941, il commença à réaliser pour Walt Disney, un dessin animé de six minutes, appelé Destino. Cinq ans après, 15 secondes seulement avaient été réalisées et ce travail ne fut finalement terminé qu'en 2002.
Dalí a aussi réalisé seul des courts films expérimentaux surréalistes où il se met en scène. Dans l'un de ces films, réalisé au début des années 1970, Salvador Dalí raconte l'histoire d'un peuple disparu dont il a retrouvé la trace au cours d'un voyage en Haute-Mongolie. En fait, l'histoire est complètement inventée. Il a suffit à Dalí de déposer un peu de son urine sur la bague d'un stylo, d'attendre que la corrosion agisse, d'en filmer les effets à distance presque microscopique, le tout agrémenté d'un commentaire d'« historien ».
Les rapports de Dalí avec le cinéma ont fait l'objet en 2004 d'un film documentaire intitulé Cinéma Dalí.
Dalí et le monde du théâtre
Dalí a également participé à plusieurs projets liés au théâtre :
en 1927, il collabore avec Federico García Lorca pour la pièce Marina Pineda ;
il fut l'auteur du livret de Bacchanale, inspiré du Tannhäuser de Richard Wagner
Dalí et le monde de la mode
Dans le cadre de la pièce Bacchanale, il collabora avec Coco Chanel pour dessiner les costumes et les décors ;
Dans les années 1930, il participa à la création de quelques modèles de chapeau dont un célèbre en forme de chaussure, et avec la couturière Elsa Schiaparelli, il créa la robe « homard » ;
en 1950, avec Christian Dior, il imagina le fameux Costume de l'année 1945 à tiroirs.
En 1972, alors qu'Elvis Presley lui rend visite, Dalí est tellement fasciné par sa chemise "country" à motifs brodés et boutons de nacre que le chanteur la lui offre. Il la porte alors pour peindre "Dalí avec la chemise d'Elvis". Le maître racontera au couple Lacroix : « Quand Elvis Presley est venu me rencontrer dans mon atelier il a tout de suite remarqué que j'étais fasciné par sa chemise country. Au moment de partir il m'a dit : «Vous aimez ma chemise ?» Oui. Beaucoup. Sans un mot il a défait les boutons et est reparti torse nu. Depuis je ne la quitte jamais pour peindre. »
Dalí & la Mode : Depuis fin 2006, l'Espace Dalí a décidé, pour perpétuer cette relation entre Dalí et le monde de la Mode, de demander aux plus prestigieux noms de la Haute Couture française et internationale d’imaginer une « robe-hommage » au Maître. Le résultat ? Des créations surprenantes, magiques, surréalistes signées Paco Rabanne, Sonia Rykiel, Loris Azzaro, Hanae Mori, Moschino, Paul Smith, Trussardi…
Dalí, le design et la mode
Rhinocéros de Dalí à Puerto Banús (la sculpture pèse 3,6 t)Dalí, tout au long de sa vie et de son œuvre, a maintenu une longue et intense relation avec le monde polymorphique de la mode. Dans son désir permanent de matérialiser la capacité créative sans limite qui le singularisait, il explora les registres créatifs les plus hétérogènes du secteur de la mode, en laissant dans chacun d’eux sa marque de fabrique particulière.
Parmi les inventions dalíniennes dans le domaine de ce que nous pourrions appeler « la mode virtuelle » — puisque ses modèles sous forme d’écritures et de dessins, n’ont pas été réalisés — nous pouvons citer :
Les robes, avec de fausses intercalaires et bourrées d’anatomies factices, destinées à exciter l’imagination érotique, comme Dalí lui-même le commentait dans Vogue : « Toutes les femmes avec de faux seins dans le dos — insérés exactement à la place des omoplates — jouiront d’un aspect ailé. »
Le maquillage au niveau des joues creuses pour éliminer les ombres sous les yeux.
Les lunettes kaléidoscopiques particulièrement recommandées en voiture pendant les voyages ennuyeux.
Les faux ongles composés de mini miroirs dans lesquels on peut se contempler, spécialement adaptés pour accompagner les costumes du soir.
Les chaussures musicales de printemps pour égayer les promenades.
Mais Dalí ne se limita pas à imaginer des croquis de mode « virtuels », il collabora aussi à la réalisation de dessins « réels » comme :
Les robes qu’Edward James lui demanda de créer pour son amie l’actrice Ruth Ford et qui furent réalisées par Elsa Schiaparelli, la couturière italienne de Haute Couture installée à Paris, avec qui il collabora tout au long des années 1980 pour les motifs des tissus et pour les dessins de décoration de ses robes et chapeaux, parmi eux, le célèbre « chapeau-chaussure » qui fait déjà partie de l’imaginaire du surréaliste.
Les modèles pour les représentations sur scène : de ses premiers croquis avec la réalisation des costumes du modèle Mariana Pineda jusqu’à ses dessins pour de nombreux ballets et œuvres de théâtre, dans lequel participaient parmi les plus connus, les modèles que son amie Coco Chanel avait créés pour « Bacchanale », le premier ballet « paranoïaque-kinétique ».
Les maillots de bain féminins qui compriment totalement les seins, pour camoufler le buste et donner ainsi un aspect angélique.
Le smoking aphrodisiaque recouvert de verres de liqueur remplis de peppermint frappé.
Les cravates que Georges McCurrach lui demanda de dessiner avec les motifs iconographiques emblématiques Dalíniens : les lèvres collées à un téléphone-langouste, des fourmis pullulant sur les montres molles…
Le design capillaire de ses moustaches-antennes métamorphiques.
Les flacons de parfums Dalíniens, de « Rock and Roll » dessinés par Mrs Mafalda Davis — une « eau de toilette » pour homme qui se vendait plus cher que Dior — jusqu’à son dernier parfum dont le flacon s’inspirait de « L’apparition du visage de l’Aphrodite de Cnide dans un paysage. », en passant par « Shocking », le parfum rose de Schiaparelli dont il réalisa la publicité.
Les fantastiques bijoux que Gala, grande admiratrice du bijoutier mythique Fabergé, l’invita à dessiner à partir de ses propres iconographies.
La publicité pour les entreprises de mode américaine--comme la célèbre campagne de publicité pour les bas Bryans que Vogue publia.
Les déguisements pour les danses de carême, en commençant par la polémique sur la tenue de Gala dans « la danse onirique » réalisée en son honneur par Caresse Crosby dans le Coq Rouge de New York, jusqu’aux robes vénitiennes démesurément longues pour le bal du Carnaval au Palazo Beistegui, que Christian Dior réalisa à partir d’un dessin de Dalí.
Mais le dandy qu’était Dalí — il réussit à se faire élire Homme le plus élégant en FranceModèle:Réference nécessaire — ne s’est pas limité à concevoir des modèles pour ses femmes aux hanches proéminentes — les femmes coccyx — et imberbes au niveau des aisselles — comme les nordiques du type de Greta Garbo — au contraire, dans le cadre de son roman "Hidden Faces", il conçut une maison de couture pour les voitures aux lignes aérodynamiques: robes du soir très formelles avec d’énormes cols rabattus, toilettes du soir très élégantes aux décolletés profonds faisant ressortir les radiateurs entre des froufrous d’organdi et de larges bandes de satin pour les soirées de Gala! Hermine pour tapisser les capotes convertibles des décapotables, avec les poignées des portières en peau de phoque et manchon de bison pour couvrir le moteur ! La matérialisation de ce design Dalínien doublait automatiquement les podiums de mode et le passage des automobiles accessoirisées augmentait la part du fantastique…
La Toile Daligram
Salvador Dalí crée La Toile Daligram à la fin des années 1960, à partir d'un étui de Louis Vuitton. Il réinterprète les monogrammes de La Maison Vuitton et décline sa propre ligne d'objets monogrammés, les "Daligrammes", pour lui et Gala, mais aussi pour les offrir à ses amis et aux collectionneurs de ses œuvres.
Dalí, tout au long de son existence, a ressenti une passion intarissable pour le graphisme. On retrouve une profusion délirante de ses dessins graphiques dès ses premières esquisses, dans ses cahiers et manuels scolaires, jusqu’au Traité d’Ecriture Catastrophéiforme, un manuscrit de vingt-neuf pages calligraphiées, qu’il écrivit de manière impulsive après la mort de Gala. Déjà cloîtré dans son Château de Púbol, il passa par les lettres qu’il inventa pour créer un alphabet Dalínien alors qu’ il se trouvait plongé au milieu du chemin de sa dantesque vie. La trame de ces tracées discontinus est le résultat d’une écriture énigmatique et idéographique, configurée par d’étonnantes stèles de sa propre personne, des anagrammes du corps érogène, des marques sismographiques d’une vie secrète, qui nous introduisent dans un monde d’une somptueuse cosmographie où les lignes de peinture, de dessin et d’écriture sont mutuellement attirées et s’entrelacent en un point invisible, dont de la noirceur de l’encre de chine jaillit une constellation extraordinaire de lettres qui volent à travers l’espace des pages blanches, hors de toute espérance. Dès le premier regard, la sensuelle volupté des lettre, leur délicate violence, nous attire et nous invite à jouir, les yeux fermés, des formes euphorisantes et lubrifiées par la main virtuelle qui se glisse fébrilement comme machinalement poussé par d’évanescentes et fugaces pulsions et qui esquive furtivement la triviale répétition du stéréotype alphabétique. Ces Daligrammes orthographiques de Artsmode Network S.A, dessinés spécifiquement par Dalí pour les article de maroquinerie, établissent un lien frappant avec les monogrammes et les calligraphies du légendaire malletier Louis Vuitton, dont le design des valises, des secrétaire, des sacs de voyage et de tous types d’accessoires conjuguent l’art du voyage avec l’art de vivre, des arts qui au sein de l’esthétique Dalínienne se transforment en une machine de guerre au service du désir, dans sa lutte contre la suprématie du Principe de Réalité.
Dalí et la science
Dalí était un avide lecteur de littérature scientifique qui recherchait la compagnie des hommes de science, parmi lesquels des prix Nobel, avec lesquels il pouvait discuter aussi bien de mécanique quantique que de mathématiques ou de génétique. Sa fascination pour la science se retrouve dans son art. Cet aspect méconnu de sa personnalité a fait l'objet en 2004 d'un film documentaire intitulé The Dali Dimension: A Genius’ Lifelong Obsession with Science.
A rendu de l'amitié avec l'historien et scientifique Alexandre Deulofeu, aussi ampourdanais comme lui-même.
Désintégration de la persistance de la mémoire
Dalí, dans le préambule de son Manifeste de l’Antimatière (1958) explique que : « Durant la période surréaliste, j’ai voulu créer l’iconographie du monde intérieur, le monde merveilleux de mon père Freud et j’y suis arrivé. A partir des années 1950, le monde extérieur — celui de la physique — a transcendé celui de la psychologie. Mon père, aujourd’hui, est le Docteur Heisenberg », se référant au chercheur allemand, spécialisé dans le domaine de la mécanique quantique, qui reçu le Prix Nobel en 1932. « Désintégration de la persistance de la mémoire », née entre 1952 et 1954 et qui reprend « La persistance de la Mémoire » (1931), constitue une œuvre emblématique de cette soi-disante reconversion des coordonnées de la cosmogonie psychanalytique en coordonnées de la quatrième dimension, modulées par la relativité de l’interaction espaciotemporelle au sein de l’équation espace-temps: une nouvelle cosmogonie engendrée par la Révolution scientifique du milieu du siècle dernier.
De l’exploration freudienne de la persistance de la mémoire inconsciente du sujet humain, nous passons à la vertigineuse démolition des structures de la matière réalisée à l’aide de la physique nucléaire, où dans cet espace corpusculaire, les montres molles de l’imagination onirique pénètrent à l’intérieur des particules microscopiques. La méthode paranoïaque-critique, télédirigée par le nucléaire mystique, nous donne accès à la nouvelle cosmogonie Dalínienne, où nous pouvons admirer la persistance de la mémoire en voie de désintégration et la matière en processus permanent de dématérialisation.
Dalí et le monde de la photographie
Dalí montra aussi un réel intérêt pour la photographie à laquelle il donna une place importante dans son œuvre. Il harmonise les décors et les photographes comme un peintre travaille sa toile avec ses pinceaux. Dalí photographe est la révélation d'une partie majeure et méconnue de la création dalinienne. Il travailla avec des photographes comme Man Ray, Brassaï, Cecil Beaton, Philippe Halsman. Avec ce dernier il créa la fameuse série Dalí Atomicus. C'est sans aucuns doute Robert Descharnes, son ami collaborateur-photographe pendant 40 années, qui a fait le plus de clichés de Dalí, l'homme et son oeuvre.
Dalí à Paris en 1934, par Carl Van VechtenAvec le photographe de mode Marc Lacroix, Dalí posa, en 1970, pour une série de portraits où il s'est mis en scène, dans des photos délirantes : "Dalí à la couronne d'araignée de mer", "Dalí à la chemise d'Elvis Presley", "Dalí à l'oreille fleurie", "Avida Dollars", avec le portrait de Dalí, au-dessus d'une enseigne de la Banque de France, entouré de billets à son effigie, "Dalí en extase au-dessus d'un nid d'oursins dans la piscine phallique", etc. Toujours avec Marc Lacroix, il va tenter une expérience à laquelle il songe depuis toujours : la peinture en trois dimensions, qui se concrétisera dans le tableau "Huit Pupilles", fait à l'aide d'un appareil-prototype à prise de vue stéréoscopique : des images doubles presque similaires qui observées simultanément deviennent, par la magie des lois de l'optique, une seule et même image avec une profondeur.
L'une des images les plus marquantes est celle du peintre coiffé d'un chapeau haut de forme sur les côtés duquel il a disposé des masques de Joconde. Selon Thérèse Lacroix il l'a créé pour sa participation à un bal donné par la baronne Rothschild. Seule une moitié du visage de Dalí apparaît au milieu des sourires énigmatiques figés
Dalí Sculpteur
Le souhait de Dalí était de traduire en volume et matière solide les fétiches et obsessions issus de son inconscient. C’est ainsi qu’il restitua sous forme de sculptures les grands thèmes de son œuvre picturale.
Dans la "Vie secrète", l’un de ses récits autobiographiques, Salvador Dalí raconte qu’enfant, il fit un modelage de la Venus de Milo car elle figurait sur sa boîte de crayon : ce fut son premier essai de sculpture.
Dès les années 30, Dalí s’essaye à la troisième dimension. En tant qu’artiste surréaliste tentant de traduire l’inconscient, les rêves, les sentiments et dans la lignée de Marcel Duchamp avec ses ready-made (Fontaine 1917), il s’intéresse à l’art de « l’objet » utilisant des matériaux et des matières inattendues.
Monumental "Nobility Of Time" exposed at London - Espace DalíIl crée des objets à fonctionnement symbolique comme Le Buste de Femme Rétrospectif en assemblant une marotte de modiste en porcelaine peinte avec différents autres objets de récupération (1933). L’objet surréaliste n’est pas pratique, il ne sert à rien à part attendrir les hommes, les épuiser, les abêtir. L’objet surréaliste est fait uniquement pour l’honneur, il n’a pas d’autre but que l’honneur de la pensée.
Progressivement, Dalí revient à une technique traditionnelle. Il commence par une pâte molle de cire à laquelle il impose la forme qu’il veut en concrétisant l’irrationalité de son imagination. Puis, il donne la dureté nécessaire à sa création en la coulant en bronze pour qu’elle puisse prendre place dans le monde extérieur. Ces sculptures sont réalisées selon la technique dite à la cire perdue* . Elles représentent un aspect significatif de la création artistique de Dalí et fournissent une synthèse de son intérêt pour la forme. Ces sculptures en bronze sont effectivement du surréalisme dans la troisième dimension.
Conçues par Dalí et réalisées à partir de ses plus célèbres tableaux, les sculptures en bronze, telles que la Persistance de la Mémoire, le Profil du Temps, la Noblesse du Temps, Vénus à la girafe, Le Toréador hallucinogène, La Vénus spatiale, Alice au pays des Merveilles, l’Eléphant spatial témoignent avec une vigueur extrême de la force d’expression de ses images iconographiques surréelles.
Technique de la fonte à la cire perdue :
Cette technique permet de fabriquer des objets en métal à partir d’un modèle en cire. La cire est recouverte d’une mixture réfractaire pour former un moule. Le moule est soumis à une source de chaleur pour faire fondre la cire. Cette opération s’appelle le décirage. Lorsque le moule est vide, il est rempli de métal liquide. Plus tard, le moule bivalve est ouvert pour mettre à jour l’objet brut de fonderie. Des opérations de finition sont alors exécutées pour apporter le bel aspect à l’objet: ébarbage, réparure, ciselure et patine.
l'Espace Dalí présente la collection comprennant plus d’une quinzaine de sculptures originales conférant à cette exposition son statut de plus importante collection en France.
la gare de perpignan qui selon Dali est le centre du monde.
Dalí et l'architecture
Perseo, sculpture à MarbellaEn 1939, pour l'exposition universelle, il créa le pavillon Dream of Venus. Il s'agissait d'une attraction foraine surréaliste, avec entre autres, une Vénus terrassée par la fièvre de l'amour sur un lit de satin rouge, des sirènes et des girafes. De cette maison, il n'en reste plus que le souvenir, une quarantaine de photos d'Éric Schaal, un film de huit minutes, et le somptueux quadriptyque aux montres molles, conservé au Japon.
Le peintre a fait du surréalisme un art de vivre. À Port Lligat, il a décoré sa maison à sa manière, "en prince du kitsch, de l'ironie et de la dérision". Sa bibliothèque est volontairement inaccessible, avec des rangées de livres installées au plus haut du mur, afin que nul ne puisse les atteindre. Dans l'axe de la piscine phallique, un temple avec une grande table d'autel, où il s'abrite du soleil et reçoit ses amis. Le fond de sa piscine, à la forme phallique, est tapissé d'oursins; il s'agit d'une commande du maître au sculpteur César qui a réalisé une coulée de polyester pour "marcher sur les oursins comme le Christ a marché sur les eaux". Le patio a la forme d'une silhouette de femme tirée de L'Angélique de Millet. Le canapé est fait selon un moulage des lèvres de Mae West. Le mur du fond, appelé "mur Pirelli" est décoré avec de grandes publicités de pneus.
Dalí et la littérature
Dalí a écrit, pendant la guerre, un unique roman Visages Cachés. Il y met en scène l'aristocratie française durant cette même guerre, et notamment la passion amoureuse de deux personnages, le duc de Grandsailles et Solange de Cléda. Cette dernière est l'illustration de ce qu'il a lui même nommé le "clédalisme" ayant pour but de clore "la trilogie passionelle inaugurée par le Marquis de Sade" dont les deux premiers éléments sont sadisme et masochisme. Dalí est également l'auteur de textes qui exposent ses idées, sa conception de la peinture et donnent des éléments biographiques très intéressants pour comprendre la genèse de certains de ses tableaux. Ces textes qui ont élé longtemps difficiles à trouver sont actuellement réédités sous les titres suivants :
La vie secrète de Salvador Dalí qui donne les éléments biographiques les plus intéressants notamment sur son enfance, ses relations problématiques avec son père et la conviction acquise dès l'enfance qu'il était un génie.
Journal d'un génie qui couvre les années 1952 à 1963.
Oui qui expose ses conceptions théoriques dans deux grands textes : La révolution paranoïaque-critique qui est sans doute l'un de ses textes le plus important et L'archangélisme scientifique
Salvador Dalí a aussi illustré Fantastic memories (1945), La Maison sans fenêtres, Le labyrinthe (1949) et La Limite (1951) de Maurice Sandoz, dont il fit connaissance à New York au début des années 1940.
Dalí et la sexualité
Dans son livre Dalí et moi, Catherine Millet révèle que le fil conducteur de l'œuvre de Dalí est le sexe : onanisme, scatologie, impuissance, abstinence, voyeurisme, seraient les secrets intimes du peintre.
Dalí se vantait d'être impuissant, d'où sa propension à peindre des objets mous. Il n'aurait connu qu'une seule femme, Gala, l'unique qui le guérit de sa phobie des femmes qu'il a longtemps comparées à des mantes religieuses.
Il invitait souvent à ses soirées Amanda Lear dont il se plaisait, par espièglerie ou malice, à faire croire à ses interlocuteurs qu'elle était un homme. Alors inconnue, Amanda Lear comprit tout le parti qu'elle pourrait tirer, dans les médias, de cette sulfureuse réputation et s'autoproclama "égérie de Salvador Dali".
Il adorait particulièrement les femmes peintes par Johannes Vermeer. Dans le musée qu'il a conçu à Figueres, Dali rend hommage à l'actrice Mae West, sexe-symbole de l'entre-deux-guerres.
Au final, Catherine Millet, s'interroge sur la puissance créatrice et l'image de soi, et révèle que les fantasmes de Dalí sont essentiellement existentiels ; c'est pour cela qu'il aurait fait de sa propre vie une œuvre d'art, afin de se libérer de tout narcissisme dans le but d'exister dans le regard des autres.
Ses œuvres
Salvador Dali a peint 1648 toiles.
Salvador DalíListe non exhaustive de ses œuvres :
1929 : L'énigme du désir : ma mère, ma mère, ma mère - Portrait de Paul Éluard
1930 : Fonctionnement symbolique d'un objet scatologique
1931 : La persistance de la mémoire.
Hallucination partielle Six images de Lénine sur un piano
1932 : Méditation sur la harpe- "naissances des plaisirs liquides"
1934 : Enfant géopolitique observant la naissance de l'homme nouveau - Vestiges ataviques après la pluie - Le sevrage du meuble-aliment
1935 : Réminiscence archéologique de l'Angelus de Millet
1936 : Construction molle avec des haricots bouillis : Prémonition de la guerre civile - Cannibalisme en automne - Les Girafes allégées - Le Téléphone homard
1937 : La Métamorphose de Narcisse - Cygnes réfléchissant des éléphants
1938 : " L'enigme sans fin"
1939 : Le Rêve de Vénus, Shirley Temple, le monstre le plus jeune, le plus sacré de son temps
1940 : Marché d'esclaves avec le buste de Voltaire disparaissant
1940 : vieillesse ,adolescance,enfance
1941 : Le Miel est plus doux que le sang
1944 : Rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une pomme-grenade une seconde avant l'éveil
1946 : La Tentation de Saint Antoine
1948 : Léda Atomica
1949 : La Madone de Port Lligat
1949 : La Maison Surréaliste
1951 : Le Christ de Saint Jean de la Croix
1954 : Dalí nu en contemplation devant cinq corps réguliers métamorphosés en corpuscules, dans lesquels apparaît soudainement la Léda chromosomatisée par le visage de Gala - Le Colosse de Rhodes - Crucifixion - Jeune vierge autosodomisée par sa propre chasteté - Autoportrait en Mona Lisa
1956 : Nature morte vivante
1959 : Paysage aux Papillons - Apparition du visage d'Aphrodite
1965 : La Gare de Perpignan
1969 : Le Toréador halluciné
1972 La Toile Dalígram
Un Christ dentrite long de 12 mètres composé avec des débris laissés sur la plage après une terrible tempête.
06 septembre 2007
Jean Cocteau
Jean Cocteau devant l'un de ses dessins
JEAN COCTEAU
(1889 - 1963)
Poète en tout,à la fois mondain et secret, sorte de Janus cultivant
le clair obscur, entre les feux de la rampe et les coulisses de la création.
LA GENESE DU "SURREALISTE"
J'AI L'AGE DE LA TOUR EIFFEL !
Né le 5 juillet 1889 à Maison-Laffitte, Jean Cocteau prit place dans une famille bourgeoise,
entouré de son père, rentier, de sa mère et de leur deux autres enfants, Marthe (12 ans) et
Paul (8 ans).
Il passa son enfance au grès des réceptions musicales que donna son grand-père. Ce dernier,
d'une grande culture artistique, n'avait de cesse d'initier le petit cancre de la famille à la musique.
Cette période probatoire influencera considérablement sa perception créatrice tout au long de sa vie.
Elle s'affirmera notamment dans la formation, par Cocteau lui-même, du Groupe des Six - formé des
compositeurs Arthur Honegger, Germaine Tailleferre, Georges Auric, Louis Durey, Darius Milhaud et
Francis Poulenc - dont l'esthétisme particulier aura pour usage le rejet du formel, l'utilisation du banal
et du vulgaire... En un mot un antiwagnérisme. Leur exemple le plus insolite : le ballet des "Mariés de
la Tour Eiffel", écrit par Jean Cocteau. Une bouffonnerie déroutante !
Très jeune, Jean va vite découvrir les funestes nuances de la vie. Son père Georges Cocteau se
suicide dans son lit. Jean n'a alors que 9 ans, mais la mort, le suicide et le sang vont à tout jamais
préfigurer ses oeuvres ("Le Sang d'un Poète", "L'Aigle à Deux Têtes", "Le Testament d'Orphée"...).
Le tragique restera l'une des préoccupations majeures du poète, une exorcisation jamais comblée.
Sa mère élèvera donc seule cet être difficile qui refuse de grandir, trouvant dans les états pathologique
un moyen de se faire choyer.
Aidée par une gouvernante allemande, Cocteau découvrit, très tôt, le monde du spectacle et de l'illusion. Il s'émerveilla face à la beauté du cirque, face au prestige des divertissements du Châtelet ("Le Tour du Monde en 80 jours"). Entre trois grippes et deux utopies, il passera des heures, dans sa chambre, à improviser des spectacles autour de son petit théâtre miniature, où il réinvente les décors. La maladie a ses jeux, dont la quintessence ranime l'âme créatrice...
Théatre complet
J'AIME LES AUTRES ET N'EXISTE QUE PAR EUX
La descente de Cocteau au pays des rêves va lui faire rater son baccalauréat au lycée Condorcet.
Mais c'est dans cette cour (des miracles) qu'il aperçut, pour la première fois, l'élève Dargelos, le
"premier symbole des forces sauvages qui nous habitent", le fantasme qui allait habiter chaque
compagnon de Cocteau, chaque personnage masculin de ses oeuvres. Sans équivoque, on retrouve
le personnage de Dargelos dans "Le Livre Blanc" et "Les Enfants Terribles".
En 1908, Cocteau, alors agé de 19 ans, fera la connaissance du célèbre tragédien Edouard de Max.
Ce dernier, fasciné par l'écriture de Jean, décida d'organiser une lecture de ses poèmes au Théâtre
Fémina, sur les Champs-Elysées. Dorénavant Jean Cocteau ne voudra fréquenter que les grands :
de Catulle Mendès à Marcel Proust en passant par la Comtesse de Noailles et les Rostand...
Il se promènera dans les rues de Paris, affichant un style très provoquant. Cocteau est devenu un dandy,
un "Prince Frivole" .
Cependant, sa rencontre, en 1910, avec Serge de Diaghilev, mécène et directeur de troupe Russe,
va bouleverser, irrémédiablement, tout son bel équilibre. "Le premier son de cloche, qui ne se terminera
qu'avec ma mort, me fut sonné par Diaghilev, une nuit, place de la Concorde. Nous rentrions de souper
après le spectacle. Nijinsky boudait, à son habitude. Il marchait devant nous. Diaghilev s'amusait de mes
ridicules. Comme je l'interrogeais sur sa réserve (j'étais habitué aux éloges), il s'arrêta, ajusta son
monocle et me dit : "Etonne-moi". Ce simple mot a fait réagir Cocteau comme une révélation.
Avec une volonté peu commune, il décida d'arrêter son existence superficielle et ira jusqu'à renier
ses oeuvres passées, qui lui avaient pourtant apportées le succès tant convoité. "La Lampe d'Aladin",
"Le Prince Frivole", "La Danse de Sophocle" seront réduit à néant. "Cette phrase me sauva d'une carrière
de brio. Je devinai vite qu'on n'étonne pas un Diaghilev. De cette minute, je décidai de mourir et de revivre.
Le travail fut long et atroce. Cette rupture, je la dois comme tant d'autres à cet ogre".
Du sens profond de cette phrase, Cocteau n'en prit réellement conscience qu'au terme de la
représentation (et du scandale !) du "Sacre du Printemps", par la troupe de Diaghilev en 1913.
"L'idée d'étonner ne m'était pas venue. J'étais d'une famille où on ne pensait pas du tout à étonner.
On croyait que l'art était une chose tranquille, calme, disparate [...] "Le Sacre du Printemps"
était pour moi la révélation d'une forme d'art opposée aux habitudes et anticonformiste".
Programme
"En 1917, le soir de la première de "Parade", je l'étonnai".
IL EST JUSTE QU'ON M'ENVISAGE APRES M'AVOIR DEVISAGE
Et c'est ainsi que Jean Cocteau entra, pour la deuxième fois, dans le monde.
Plus déterminé que jamais. Aiguisant son style anticonformiste et surréaliste
(mot inventé par Guillaume Apollinaire à l'occasion de la représentation de "Parade").
Depuis ce jour, les lauriers et les scandales s'associèrent aux oeuvres de Cocteau.
Pour son caractère irrationnels, "Parade" déconcerta. "La Machine à Ecrire" fût
violemment attaquée en 1941, pour avoir mal représentée la France. "Les Parents Terribles"
et d'autres écrits du poète n'échappèrent pas aux interdictions diverses.
Pour la plupart, ces chef-d'oeuvres de littérature trouveront un énorme succès auprès du public.
La presse fera un accueil triomphal à la sortie des "Enfants Terribles" en 1929. "La Voix Humaine"
(monologue téléphoné d'une femme à son amant qui la quitte) accédera à une carrière mondiale.
Il est possible que son entrée dans le monde étrange de l'opium en 1923, après la mort de son
ami Raymond Radiguet (auteur du "Diable au Corps", 1923), ait aiguisé son style unique...
Affiche de La belle et la bête
Extrait du film
Un poème
Souvenir de Naples
Le paradis, tombant, s'était cassé dans l'ombre.
Les coups de pistolets d'où naissent les colombes,
Faisaient mille marins s'envoler des vaisseaux,
Pour chercher, à taton, ses chiffres, ses morceaux.
On accrochait partout des balcons, des échelles;
Les femmes, n'ayant rien à se mettre sur elles,
Appelaient au secours de leur lit aux pieds d'or.
Les matelots entraient et changeaient le décor
Une morte, riant dans son cerceuil de verre,
Conduisait les chevaux de son char, ventre à terre;
( Ce char appartenait au marchand de coco),
C'était Herculanum, Pompéï, Jéricho.
Je n'ai jamais rien vu de plus fou sur terre.
Jean Cocteau
LE CINEMA EST UNE ENCRE DE LUMIERE
Après bien d'autres succès de poésie de roman, de poésie critique, de poésie de théâtre et de
poésie graphique , Jean Cocteau sera séduit par le cinématographe. Il en fera, bien sûr,
une poésie ! Il ne pouvait pas en être autrement. Cocteau se révéla ainsi à un public plus large.
"Le cinéma n'a pas attendu "Le Sang d'un Poète" pour exister dans l'oeuvre de Cocteau.
Il est partout dans "Le Cap de Bonne-espérance" . Il s'est infiltré dans les vers de "Plain-Chant".
Il est dans "Opéra" (Henri Langlois [1914-1977], l'un des créateurs, avec G.Franju et P.A. Harlé,
de la cinémathèque française).
Mais si "Le Sang d'un Poète" - ce "documentaire réaliste d'évènements irréels" - resta la curiosité
des psychiatres , son deuxième film, "La Belle et la Bête", réalisé en 1945, fût, en revanche,
un enchantement visuel pour les spectateurs venus en masse pour applaudir cet exploit lyrique et
technique. Mal accueilli au festival de Cannes en 1946, il ne reçut que le prix Louis Delluc !
Mais c'est avec "Le Testament d'Orphée" (1960), monté grâce à l'aide financière de François Truffaut,
que Jean Cocteau renoua avec le pur cinéma d'images. "Les producteurs [...] exigent un "sujet" et un
prétexte alors que la manière de dire, de montrer les choses, et de meubler l'écran est mille fois plus
important que ce qu'on y raconte" . Dans cet ultime grande oeuvre, Jean Cocteau dépassa la simple
complicité avec la mort. Il la transcenda en jouant son propre rôle. Trois ans plus tard, il la subira...
"Le Testament d'Orphée" est, très certainement, le catalogue de ce que possédait Cocteau : toute sa
poésie, ses rêves et ses angoisses, ses fantasmes et ses hallucinations y sont recensés. Ce fût,
sans aucun doute, son propre testament qu'il dévoila aux yeux de tous.
A l'instar de son premier film "Le Sang...", "Le Testament..." ne rencontra pas son public. Le travail de
Cocteau se trouva, une fois de plus, projeté dans le futur : "lorsqu'une oeuvre semble en avance sur
son époque, c'est simplement que son époque est en retard sur elle", lançait-il pour occulter sa peine.
IL FAUT ETRE UN HOMME VIVANT ET UN ARTISTE POSTHUME
Le 11 octobre 1963, en apprenant la mort de sa grande amie Edith Piaf, Cocteau se dit :
"c'est ma dernière journée sur cette terre", puis s'évanouie.
"Vivre me déroute plus que mourir" ("La Difficulté d'être"). Cocteau en profita discrètement
pour éteindre sa propre flamme, et entrer dans l'éternité. "Je ne redoute pas la mort.
Elle est comme une naissance à l'envers" .
JE RESTE PARMI VOUS (épitaphe)...
Il était inconcevable de raconter de raconter en quelques lignes toute la vie, toutes l'oeuvre
et toute l'imagerie du poète-académicien Jean Cocteau.
Je me suis donc limité à dénoncer les épreuves et les rencontres majeures de sa jeunesse,
lesquelles ayant, de toute évidence, influencé l'interprétation poétique du visionnaire.
"Tout ce que j'ai, me vient de l'enfance" a été son fil d'Ariane...
Jean desbordes
Poême objet: jeune fille
OEUVRES DE JEAN COCTEAU
Poésie
Poésie de roman
1909 La Lampe d'Aladin.
1910 Le Prince frivole.
1912 La Danse de Sophocle.
1919 Ode à Picasso.Le Cap de Bonne-Espérance.
1919 Le Potomak (édition définitive : 1924).
1920 Escale. Poésies (1917-1920).
1922 Vocabulaire.
1923 La Rose de François. Plain-Chant.
1923 Le Grand Ecart. Thomas l'imposteur.
1925 Cri écrit.
1926 L'Ange Heurtebise.
1927 Opéra.
1928 Le Livre blanc.
1929 Les Enfants terribles.
1934 Mythologie.
1939 Enigmes.
1940 La Fin du Potomak.
1941 Allégories.
1945 Léone.
1946 La crucifixion.
1948 Poèmes.
1952 Le Chiffre sept. La Nappe du Catalan (en collab. avec Georges Hugnet).
1953 Dentelles d'éternité. Appogiatures.
1954 Clair-Obscur.
1958 Paraprosodies.
1961 Cérémonial espagnol du Phénix. La Partie d'échecs.
1962 Le Requiem.
1968 Faire-Part (posthume).


















































































